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Interview - les freres ANFRE et le diable Vauvert Suggérer par mail

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couverture
  A l'occasion de la parution en mars 2008 de son deuxième album, "Du Graal plein la bouche", (La Boîte à Bulles), nous avons voulu avoir des nouvelles de Jérôme Anfré, ancien étudiant à l'AtelierBD. Avec son scénariste de frère, Philippe Anfré il revient sur son parcours et l'élaboration de cet album au titre étrange, intriguant -voire mystérieux -, mais goûtu...

 

 

 

 

 

portraits


 

 

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Jérôme Anfré
Jérôme : 25 ans, auteur-dessinateur de bande dessinée on va d ire, même si je n’en vis pas. Parcours : maîtrise de biologie en parallèle avec 2 ans de cours à l’atelierbd puis premier album en 2006, « Le dessinateur, la colline et le cosmos », en auteur complet à la boîte à bulles. Publication de mon 2ème livre -et premier en tant que dessinateur seulement- « Du Graal plein la bouche » par la boîte à bulles en mars 2008.

Un auteur que j’aime particulièrement ? Winsor McCay (ou Charles Schulz, tiens, pour changer)

Un film ? « Les aventures du baron de Münchausen » de Terry Gilliam

Plat préféré ? Un truc genre spaghetti à la carbonara ? La chose la plus importante du monde ? La démocratie ! Il faut voter ! Non, je n’en sais rien... Pas de devise.

 

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Philippe Anfré
Philippe : J’ai 27 ans, je suis scénariste la nuit et ingénieur le jour, après avoir, pendant de longues années, écrit tout plein de mauvais scénarios la nuit et fait tout plein de mauvaises études le jour. « Du Graal plein la bouche » est mon premier scénario publié (oh joie, sonnez violons, raisonnez trompettes).

L’auteur qui me casse toujours les pattes quand je le lis, c’est F’murrr. Ce type est l’alpha et l’oméga de la bande dessinée, la base et le sommet. On devrait mettre des statues de lui à tous les coins de rues. Il arrive a un point d’équilibre entre le travail et la liberté, entre l’écriture et la fugue, qui, euh, ma foi, qui fait bien plaisir. Et qui donne envie de faire pareil. En toute cohérence, je me verrais bien vous conseiller la lecture d’un de ses albums. Disons : « Le pauvre chevalier », qui est aussi une histoire avec le Graal, et Merlin, et Viviane, et un chevalier.

Et sinon, le métier que je ne ferais jamais, clairement, c’est gratteur de dos de chauve-souris (c’est qu’elles volent vite, ces saloperies, ‘faut arriver à les suivre !).

 

L'histoire du livre

 

  • Pouvez-vous nous présenter « Du Graal plein la bouche » (La Boîte à Bulles) en quelques mots ?

 

Philippe : L’idée de départ était de faire un livre avec plein de monstres (déjà, ça fait envie). Ces monstres on les a pris dans le fond mythologique plus ou moins connu de tous (principalement la mythologie grecque et les contes du Graal), le personnage principal de l’histoire étant le plus gros mother fucker de monstre de l’histoire : le diable.

L’histoire commence quand un petit démon de bas étage apprend que le diable veut le tuer. Il ne se laisse pas faire et décide de lever une armée de monstres et d’attaquer à la fois le diable et son fils (son fils, en l’occurrence, c’est Chrétien de Troyes, l’auteur des romans du Graal). Mais vous vous doutez bien que le diable est diabolique et qu’il ne va pas se laisser faire…

 

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  • Quelles difficultés avez-vous rencontrés dans la réalisation de ce livre ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ?

 

Jérôme : Les difficultés étaient plutôt d’ordre technique pour moi, relatives à l’assemblage des pages sur ordinateur. Les étapes d’écriture puis superposition des phylactères ou de nettoyage des espaces intercases sont très rébarbatifs. Du côté dessin, la difficulté principale vient du fait qu’avec la technique d’ « encrage » employée (pas d’encre mais du crayon, du fusain et du pastel), il est impossible de retoucher un dessin avec du tipp-ex ou une rustine. Donc il fallait que je prenne soin d’avoir des brouillons très poussés pour ne pas me rendre compte au milieu de la finalisation d’une page que j’aurais dû dessiner tel personnage ainsi ou qu’il faut que j’efface tel personnage...

Pour ce qui est de l’inspiration, il y a deux choses : d’abord l’envie de travailler une ambiance proche du conte, avec des côtés mystérieux, clairs-obscurs... J’ai donc adopté cette technique de crayon-fusain-pastel et colorisation informatique, que je trouve assez satisfaisante pour cet effet. En même temps ça permet d’avoir un côté parfois un peu plus « pictural » qui peut renvoyer à  certaines références (enluminures, tapisseries, tableaux) typiques du Moyen-âge.

Deuxième chose : ce Moyen-âge, justement, il fallait qu’il soit crédible tout en ne s’imposant pas : je ne me voyais pas faire une reconstitution classique dans un récit qui met en scène des monstres et des légendes issus d’époques et de traditions différentes. Donc, en ce qui concerne cette imagerie, je ne me suis pas fixé une source précise. J’ai un peu pioché au gré de mes envies... Les armures vont du 11ème siècle au 15ème, il y a des références à l’art celtique comme à Van Eyck. Le tout mélangé avec mon style et mes lubies personnelles... L’essentiel est d’arriver à un univers cohérent que le lecteur accepte.

 

Philippe : L’enjeu principal du livre était de faire tenir plusieurs éléments disparates ensemble : diable + graal + mythologie + dialogues pas ampoulés. Résumons : il a fallu touiller toutes les idées de ces univers disparates jusqu’à ce qu’ils tiennent bien ensemble. Quant aux influences, j’y reviendrais au cours des réponses suivantes.

 

 

  • Dans « Le dessinateur, la colline et le cosmos », paru en 2006 à la Boîte à Bulles, le thème de la création, et de ses empêchements, avait une place importante. Est-ce encore le cas dans cette nouvelle histoire ?

 

Jérôme : Pas tellement, je pense. En tout cas ce n’est plus aussi central. Même si on touche ce thème avec le personnage de conteur Chrétien de Troyes... Je pense que dans ce livre ce thème de la création est pris dans un discours plus large sur les mythes, ce qu’on en fait, la persistance de l’imaginaire dans le quotidien. Même si c’est plus un sous-texte qu’autre chose.

 

Philippe : Je pense que ce qui intéresse Jérôme se trouve plus du côté de la création : partir d’une base et voir une histoire qui se créée, se recrée, se développe, être toujours logique dans le passage d’une étape à une autre pour se réinventer sans cesse (en quelque sorte). Moi qui suis un garçon beaucoup plus sage, je crois que je m’intéresse moins à la création en tant que telle qu’à l’influence que peuvent avoir ces histoires une fois crées. Comment l’histoire, le discours, influe sur les gens. C’est en quelque sorte une question de rhétorique. Comment présenter les différents éléments de mon histoire pour que les gens soient convaincus que c’est super ?

 

 

  • Vous semblez très intéressés par la mythologie, les légendes : d’où vient ce goût ?

 

Jérôme : Personnellement je suis plus attiré par les contes. J’aime bien leur mélange de récit standard et d’inventions parfaitement bizarres et extraordinaires. La mythologie et les légendes, c’est plus Philippe que ça travaille...

 

Philippe : Comme j’ai un peu essayé de l’expliquer plus haut, Jérôme aime bien voir une histoire se développer et finalement partir en sucette. Moi, ce qui m’amuse, c’est plus d’observer une sorte de logique du merveilleux qui s’articule pour former un tout cohérent et autosuffisant, avec des causes et des conséquences. Il me semble que plus l’univers est logique et plus le lecteur a de raisons d’y croire. Et c’est ce genre d’articulations qu’on retrouve dans les mythes…

On peut par exemple évoquer la naissance de Merlin l’enchanteur, qui est probablement l’idée qui a inspirée de manière générale l’histoire de « Du Graal plein la bouche ». Alors attention, c’est parti :

Pour amener plus de personnes en enfer, le diable décide de faire naitre un enfant sur terre qui lui ramènerait des gens (une sorte de anti-Jésus - le fils de Dieu a amené les Hommes au paradis, le fils du diable les amènera en enfer) Il fait donc tomber une fille enceinte, le bébé se forme, et le diable se met à lui parler pour lui apprendre tout ce qu’il sait (logique : on a pas trop de neuf mois pour apprendre tout ce que l’on sait à un bébé). La première chose que le bébé apprend, c’est à parler et à comprendre le diable, afin que l’apprentissage du reste soit plus aisé (logique). Mais comme le bébé comprend maintenant ce qu’on lui dit, Dieu vient lui parler. Et comme c’est Dieu, il convainc le bébé qu’il vaut mieux faire le bien. Du coup le bébé naît gentil et devient un mage puissant ayant profité des enseignements couplés de Dieu et du diable : Merlin est né.

Ce que j’ai raconté fut certes long et laborieux mais ce n’était que pour essayer de faire ressortir les nombreux points logiques qui permettent de donner une cohérence globale à un univers. Et c’est ce genre de bidules qui m’épate et que je cherche à recréer.

 

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Vauvert

 

Le chantier

 

  • Comment s’est passée votre collaboration ? Le fait que vous soyez frères a-t-il joué un rôle ?

 

Jérôme : En tant que frères, on a forcément plus de facilités pour communiquer, pour parler de notre travail, même si on n’habite pas au même endroit. Chaque découpage était discuté : Philippe proposait un brouillon de mise en page, je faisais un rough puis il donnait son avis etc. Déjà au stade du scénario, Philippe me faisait lire plusieurs versions, je disais ce qui me plaisait ou ce que je pensais qu’il fallait modifier, puis il me montrait une nouvelle version. Par exemple, le personnage de Vauvert n’était presque pas présent dans la toute première version. Il n’était visible que dans une ou deux cases, parmi la masse des soldats. Philippe l’a ensuite mis à la place d’un autre personnage pour avoir cette opposition Vauvert-Diable. Ça m’a touché parce qu’en fait j’avais déjà dessiné Vauvert dans un carnet, j’étais assez fier de son apparence mais aussi déçu qu’il ne fasse qu’une apparition de quelques cases.

 

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études pour le personnage de Vauvert
 

 

Philippe : Je peux rajouter que Jérôme avait dessiné Vauvert avec des sacs sur les cornes, comme ça, pour le fun. Du coup, je me suis farci une petite réflexion pour justifier la présence de ces sacs. Et cette justification s’est retrouvée être un élément qui a joué un rôle important dans l’intrigue générale. Là c’est l’exemple le plus abouti de coopération : j’écris des bafouilles, elles inspirent Jérôme, les dessins de Jérôme m’inspirent de nouveaux éléments de scénarios. Ça n’arrive bien sûr pas souvent, mais quand ça arrive laissez moi vous dire que c’est un petit peu la classe.

Et en même temps ça permet de justifier un tant soit peu ma présence : avoir des idées à deux que Jérôme n’aurait pas eues tout seul.

 

 

  • Philippe : comment travailles-tu ? Es-tu parti d’un récit que tu as scénarisé ?

 

Philippe : D’abord je note des idées sur des bouts de papiers. Ensuite j’essaye d’organiser ça en plan. Accessoirement, ça permet de réfléchir aux règles de l’univers développé (Spider-man peut-il grimper aux murs ? Oui. Spider-man est-il un loser ? Oui. Spiderman a-t-il des problèmes de rétention ? Clairement oui, avec le temps qu’il met à enlever son costume pour aller aux toilettes). Quand j’ai réussi à caser toutes mes idées dans le plan, je commence l’écriture. J’écris sous forme de continuité dialoguée, chose qui ressemble à une pièce de théâtre (des dialogues et quelques didascalies pour indiquer les gros changements dans les décors – je crois que beaucoup de scénaristes font comme ça). Pour une raison que j’ignore, l’écriture diverge quasiment automatiquement du plan (dès la deuxième page, ça n’a plus rien à voir). J’écris donc une histoire en free style. J’obtiens une première version. Je la montre à Jérôme. Jérôme me fait sentir que bon, oui, non mais oui, c’est pas mal, mais oui, enfin… Je m’en vais. Je crie, je pleure, je l’insulte. Je reste trois mois prostré. J’écris une deuxième version en prenant en compte ces remarques. Je lui montre cette deuxième version. Cris, pleurs, etc… Jusqu’à obtenir une version qui convienne à Jérôme. Ensuite, je commence à découper grossièrement, page par page, la continuité dialoguée.

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Philippe au boulot
 

 

 

  • Jérôme : comment travailles-tu ? Peux-tu nous décrire l’élaboration d’une planche ?

 

Jérôme : Je reçois donc les pré-découpage de Philippe : il fait un petit schéma de la disposition des cases et explique case par case ce qu’il s’y passe, avec les dialogues etc. A partir de ça, je fais un rough assez poussé, en bossant bien les attitudes, la mise en scène etc. Il peut arriver que je rajoute ou enlève des cases pour des questions de rythme, ou très rarement que je demande un petit remaniement dans une bulle pour des questions de place. Donc chaque page de mon rough est commentée par Philippe, il y a quelques allers et retours avant de tomber d’accord sur un découpage « final ».

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rough page 3
  
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finalisation des gris
   
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page finale

 

Philippe : Je me permets de préciser que ces allers retours permettent à la fois de filtrer les différentes erreurs : erreurs venant de moi parce que comme je ne sais pas dessiner parfois je demande des trucs idiots ; ou erreurs venant de Jérôme parce que parfois, sans s’en apercevoir il fait des erreurs dans le positionnement des personnages d’une case à l’autre. Il m’arrive aussi de prendre mon costume de super-chieur pour essayer de pousser Jérôme à faire une case plus mieux (plus mieux d’ambiance ou de style de la mort) parce que j’ai envie tout d’un coup de lui pourrir son après midi.

 

Jérôme : Contrairement à mon premier livre, où je faisais le découpage par séquences que je finalisais juste après, pour « Du Graal... », j’ai finalisé les pages quand j’avais déjà fait les 74 pages de roughs. Je dis « finalisation » car il n’y a pas d’encrage dans « Du Graal... » : à part pour les bulles, réalisées à part sur du papier calque. Sinon, chaque planche est dessinée en format A3 en utilisant des crayons gris (HB, 2B, 4B), des fusains et des pastels blancs et noirs : je pars d’un crayonné classique (qui comporte aussi la place des bulles) que j’estompe et « ensevelis » sous le dessin final, plus poussé. Une fois ceci fait, je scanne les pages et les bulles puis les assemble sous photoshop avant de mettre en couleur les pages, toujours sous photoshop : avec un calque produit je colore les zones blanches et avec des calques couleur je teinte les gris... Après Philippe donne son avis sur les couleurs de l’ensemble des planches, et je peux les retravailler au cas où. Puis je fusionne les calques de chaque page : ceux relatifs à l’image dans un fichier, celui avec le texte dans un autre fichier, je grave ça sur un CD-rom et l’envoie au maquettiste. C’est à-peu-près comme ça que ça se passe.


 

 

 

 

Parcours et projets

 

  • Jérôme : qu’est-ce qui a changé dans ton dessin, ou ta manière de raconter ? Par exemple, la série de strips que tu as produite pour le webzine d’atelierbd a-t-elle apporté quelque chose à ta façon de travailler ?

 

Jérôme : Ce qui a changé tout d’abord, c’est que là je travaille avec un scénariste. Dans cette affaire, Philippe est un peu mon sparring-partner, il me pousse vers des idées, des situations, des ambiances que je n’aurais pas seul... Et en même temps c’est assez jouissif de ne se préoccuper que de mise en scène et de « jeu d’acteur », sachant que le scénariste est garant de la cohérence narrative.

 

Philippe : En réfléchissant même très fort, je ne vois pas bien d’autre rôle au scénariste : celui d’emmener un dessinateur là où il n’irait pas et de le forcer en quelques sorte à élargir sa gamme. Delporte disait que Jijé adorait dessiner des chevaux et que si on l’avait laissé faire, il n’aurait dessiné que ça. Un scénariste était indispensable à Jijé pour le forcer à dessiner autre chose (des cow-boys, des indiens, des cactus).

 

Jérôme : En ce qui concerne la série de strips faite pour l’atelierBD, je ne sais pas si cela m’a directement influencé pour cet album. Bizarrement ça m’a peut-être poussé à chercher autre chose que ce que je faisais dans les strips : la rythmique de ces strips est un cadre assez strict. Il faut par exemple reprendre le même personnage dans la même position dans plusieurs cases, le « décalage » plus ou moins humoristique venant juste de petits détails changeant d’une case à l’autre. Alors que dans « Du Graal... », j’ai une case avec un personnage qui parle, puis une case avec des monstres, des angles de vue qui changent plus souvent, des attitudes plus variées, donc ce sont 2 disciplines différentes : peut-être que ce que je ne pouvais exprimer dans les strips s’est retrouvé décuplé dans l’album.

 

Philippe : Le travail de Jérôme durant son premier livre, et qui s’est prolongé dans le second, me semble avoir été orienté vers plus d’épure. Je me suis souvent répété cette phrase en regardant ses travaux : « simplifier le trait et broder les motifs » (comme cette phrase est de Boris Vian, ça me permet aussi de ma la jouer grave). Jérôme a augmenté le rôle de ses motifs par cette technique de ouf malade qu’est le fusain, ce qui lui a permis d’autre part de simplifier son trait, de rendre son dessin à la fois plus fort (chaque coup de crayon compte) et plus graphique (la forme, l’épaisseur, le tremblement du trait prend une signification accrue).

Vous vous dites que tout ça n’a pas grand-chose à voir avec la choucroute, mais si : dans les strips, Jérôme a travaillé le côté « discours et méthode » de la bande-dessinée. Par contre, le côté recherche graphique, c’est dans « Du Graal plein la bouche » que ça a pulsé.

 

 

  • Comment juges-tu aujourd’hui la formation que tu as reçue à l’atelierbd ? As-tu suivi d’autres cours ?

 

Jérôme : Maintenant que j’essaie de monter un nouveau projet personnel, je me rends compte que l’atelierbd m’a beaucoup aidé à pondre le premier (« Le dessinateur, la colline et le cosmos »). Il est plus difficile de s’y mettre sans un objectif de résultats à telle ou telle date.

Mais les souvenirs que j’ai de l’atelierbd (j’y suis rentré il y a un peu plus de 5 ans si je ne m’abuse) sont surtout liés au forum et à la découverte des travaux des autres. C’était très enrichissant de se positionner par rapport à ces travaux, de savoir pourquoi on aimait ou non, de pouvoir le verbaliser etc. Je ne sais pas comment les nouveaux étudiants appréhendent cela maintenant que la multitude des blogs permet d’avoir sous les yeux un panel de travaux autrement plus large...

 

  • Le prochain bouquin, ça sera quoi ? Déjà en route ?

 

Jérôme : Philippe est en train de développer un projet axé sur la mythologie que je dessinerai.

 

Philippe : Je tente en effet de développer un bidule basé en partie sur les récits de l’Iliade (le truc dans la ville de Troie avec Brad Pitt en jupette). Pour l’instant j’essaye très fort de me convaincre que c’est original et que personne n’a fait ça avant moi. J’ai déjà donné à lire une première version à Jérôme et si vous avez bien lu mes réponses précédentes, vous savez déjà ce qu’il m’a dit. J’essaye donc de structurer un peu tout le fourbi, et peut être qu’avec de la chance cela donnera un joli récit. Ou peut être pas et on passera à autre chose.

 

Jérôme : De mon côté je suis en phase de « conceptualisation » disons, d’un projet sur lequel je ferais scénario et dessin... J’en suis à faire un brouillon de découpage vraiment vague mais je ne sais pas trop où ça va aller. J’ai un peu peur de retomber dans des univers que j’ai vu mieux traités par d’autres et par ailleurs je ne sais pas encore bien vers quelle approche graphique me tourner.

 

 

  • Le mot de la fin : un conseil pour les « jeunes » ?

 

Philippe : Franchement, « gratteur de dos de chauve-souris » ? Vous pensez que c’est raisonnable comme travail ? Et puis c’est complètement bouché comme métier. Aucune perspective d’avenir… Si j’étais vous, et sans vous commander, j’essayerais de faire un autre métier. Sans rire. C’est pour votre bien que je dis ça.

 

Jérôme : Le conseil classique : ouvrez vos yeux et vos oreilles, feuilletez, écoutez, allez voir ce qui se fait ailleurs, dans d’autres arts. Et amusez-vous aussi. Ne pensez pas à « faire sérieux », mais faites tout court.

Maintenant il va sans dire que je ne sais pas si je suis moi-même à la hauteur de ces conseils.

 

Merci Jérôme et Philippe et bonne chance pour la suite !

 

commentaire(s)
1. LE PAUVRE CHEVALIER
Ecrit par sylvain le 26-02-2008
Aaaaaaaaah, et ben le voilà ce fameux deuxième album du Jérôme Anfré (après LE DESSINATEUR, LA COLLINE ET LE COSMOS)! Et accompagné de son frère cette fois... vive la famille (moi, j'aime bien aussi travaille ren famille!). 
Et avec de telles références (LE PAUVRE CHEVALIER, de F'murrrr, son meilleur album, avec sa suite -LES AVEUGLES), et ben, on se dit qu'avec des goûts comme ça, hétéroclites (personne ne parle jamais de F'Murrr, et encore moins du PAUVRE CHEVALIER!), ça donne envie... 
 
Des auteurs qui ont du goût, ça je vous le dis ! 
 
Merci, j'ai hâte de lire ce livre ! 
 
Sylvain-Moizie

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