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Projet de Jérôme Anfré, dessinateur |
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Qu'est ce que tu as retiré de cette expérience d'apprentissage, les différentes phases... le soutien au projet?
Je pense qu’il y a différentes phases d’apprentissage (en plus j’ai
changé 2 fois de projet et 1 fois de classe) et aussi différentes
phases dans la réception de l’apprentissage… Au fur et à mesure on
reçoit mieux la critique car on sait plus ou moins l’analyser…
Quant au soutien au projet, il est allé au-delà de mes espérances,
puisque même après la fin des corrigés et mon départ de l’atelier, il y
a eu un suivi du projet, avec des suggestions d’éditeurs, des courriers
de recommandation…et toujours des réponses en cas de doutes…
Quels ont été les moments les plus surprenants ou les plus intenses?
?
Un moment assez réjouissant est justement le moment où j’avais proposé
le projet de bande dessinée sans trop y croire alors qu’il a éveillé un
certain enthousiasme chez les membres de l’atelier… C’est la première
chose qui m’a poussé à travailler sur ce projet pour le rendre éditable…
A l'inverse, quelles ont été tes difficultés? Y a-t-il eu des découragements?
Il y a eu une certaine période de stagnation sur le découpage des
premières planches, avec beaucoup de retours entre moi et les
correcteurs… J’avais du mal à intégrer les principes de rythmes,
d’angles de vue… Alors j’ai beaucoup tâtonné, ce qui n’a pas arrangé
les choses vu que l’énergie nécessaire à ce travail faiblissait au fur
et à mesure… C’est
d’ailleurs là que j’ai laissé le projet de bande dessinée en suspens
pour intégrer la clase prépa afin de préparer le concours pour les arts
déco de Strasbourg. Ceci afin d’acquérir plus de légitimité d’un point
de vue artistique et pour intégrer un autre milieu alors que je suivais
des études scientifiques… Enfin, tout ça était assez flou, de même
que les raisons pour lesquelles je n’ai pas présenté le concours,
finalement… sûrement ai-je eu tort mais en tout les cas après ça j’ai
entrepris de finaliser le projet et ça s’acheminait doucement vers le
dossier de présentation aux éditeurs…
As-tu rencontré ton éditeur ou as-tu tout fait par courrier?
Par courrier postal et internet et par téléphone…
Un mot sur les évaluations semestrielles?
C’est toujours intéressant d’avoir des points de repères au cours de
l’enseignement… ça permet de voir où on en est, de se réorienter quand
on patine un peu… Après pour ce qui est de l’entretien téléphonique
proprement dit, je me suis rendu compte un peu tard que je fais un
effet désastreux sur mes interlocuteurs au téléphone… je n’arrivais pas
vraiment à formuler une pensée claire, je crois que je donnais
l’impression de ne pas être assez concerné etc… Mais bon, d’un côté je
ressasse ça mais c’est quand même sympa d’entendre ceux
qu’habituellement on lit.
Dans quel état d'âme travailles-tu actuellement? Comment travailles-tu avec Vincent Henry ton éditeur?
Pour l’instant l’état d’âme est assez serein, même si c’est un peu un
travail en ermite et que je n’ai pas d’indépendance financière… Mais le
projet (l’album devrais-je dire ?) avance bien et j’ai beaucoup de
retours de la part de Vincent Henry, ce qui dénote un net intérêt pour
ce travail, ce qui est toujours encourageant.
Le travail avec Vincent Henry est assez libre : j’avais établi au
préalable le descriptif des séquences de l’album mais pas de découpage
global du bouquin… Et j’avance en faisant des bouts de découpage en
rough… Je scanne ensuite les roughs pour les montrer à Vincent Henry
qui me donne son avis sur ceux-ci… J’intègre ainsi ses suggestions dans
les pages finalisées-encrées… Pages finalisées que je lui montre aussi
au cas où il aurait encore quelques remarques (il ne s’agit pas de «
corriger » les pages en fonction des remarques mais de voir comment les
pages sont reçues et donc de les faire évoluer si ce qu’elles sont
censées raconter n’est pas bien compris)… C’est un peu artisanal comme
procédé mais j’aurais eu du mal à préparer tout un découpage à l’avance
(d’autant plus qu’entre le dossier de présentation et le contrat,
l’album a « changé » de format et de pagination)… Je pense que cette façon d’évoluer permet de garder une certaine énergie tout en gardant des exigences de lisibilité…
Quelque chose à ajouter?
Encore un grand merci à toi et à l’atelierBD, notamment aux auteurs qui
se sont le plus penchés sur mon cas, soit Erwann Surcouf, Fred
Pontarolo… Et puis peut-être à bientôt quand le livre sera publié…
Interview recueillie par
Joseph Béhé
le 15/01/2005
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