Lexique

Crayonné

C'est une étape de la réalisation d'une BD. On utilise souvent un crayon à papier (ou un porte-mines pour les plus Ç modernes È). En général sur une feuille blanche (format A3 le plus souvent). On détaille ce qui avait été esquissé au découpage en y apportant le plus de soin possible. L'avantage du crayon, c'est qu'il permet de retoucher les dessins tant qu'on n'en est pas entièrement satisfait. D'autres utilisent des calques successifs, ce qui permet de conserver le croquis de base... d'autres encore une palette graphique, il n'y a aucune règle.

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Formation BD sur deux ans

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Ouverture d'un atelier pour la formation en deux ans à Paris pour la rentrée 2009 !
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Projet de Jérôme Anfré, dessinateur PDF Imprimer Envoyer
école - nos anciens
Je vous présente Jérôme Anfré, un étudiant qui vient de nous quitter... !
En effet, après des mois de travail, des enthousiasmes, des réussites et des difficultés, parfois le découragement, parfois le regain de courage, Jérôme a signé à La boite à Bulle un très intéressant projet provisoirement intitulé « Le Dessinateur, la Colline et le Cosmos ». Je vous laisse découvrir l'interview que nous avons réalisé il y a quelques mois de cela :

Comment as-tu découvert l'AtelierBD?

Je m’y était intéressé de loin dès son ouverture, qui avait été assez relayée sur les sites web spécialisés… Donc au début je regardais un peu les interviews, les conseils du jour… Et puis j’ai sauté le pas et j’ai proposé un dossier d’inscription. A l’époque je me suis inscrit pour préparer le concours des Gobelins mais il n’y avait pas de classe prépa à l’époque, j’ai donc intégré la classe suivi de projet.

L'impression des premiers corrigés, des premiers échanges sur le forum?

C’était très convivial, mais quand même assez cadré, avec une certaine demande de rigueur… Et surtout dès les premiers corrigés, les faiblesses dans mes images ou les petits « tics » de dessin ont été décelés, ce qui a permis de voir dans quelle direction il fallait travailler… Quant au forum, je pense que c’est le vrai centre névralgique de l’atelier… On y trouve plusieurs avis souvent contradictoires qui obligent donc à se forger un sens critique pour arriver au final à avoir un regard plus mûr sur le travail des autres mais surtout sur le sien… Cela permet de mieux voir ce qu’il faut retenir des corrections, et au final de se passer de ces corrections…

Et les "copains" de l'école? comment ça s'est passé ?

Il y avait toujours une certaine émulation… En plus comme la classe suivi de projet comporte assez peu d’étudiants, on connaît assez vite les travaux et les styles de ceux qui partagent cette classe donc cela permet d’avoir mieux conscience de l’évolution du travail des autres étudiants… Donc on peut mieux juger du travail sur la longueur et même quand un travail semble peu abouti, on peut voir qu’il représente un jalon dans une progression… En ce qui concerne les autres classes, plus peuplées, j’avais un peu de mal pour suivre les multiples travaux et vers la fin je me suis plus recentré sur la classe suivi de projet et vers les étudiants avec lesquels il me semblait avoir une sensibilité commune… donc j’ai dû laisser passer pas mal de choses intéressantes mais d’un autre côté il est impossible de tout voir…

As-tu été déstabilisé au début ?

Au début c’est surtout le forum qui est déstabilisant… J’avais un peu peur de me perdre dans la masse de messages et d’informations, d’autant plus qu’une grande partie est « cachée » dans les vieux sujets… Les premières critiques sur les boulots des autres peuvent aussi être difficiles à sortir, par peur de vexer si on émet une critique négative etc… mais c’est un peu une contrepartie si on veut avoir des retours sur son propre travail, et puis comme je l’ai dit précédemment, ça forge le regard…

Des étudiants nous disent que quelques mois après les corrections, lorsque par hasard ils les relisent, ils en tirent de nouvelles choses...La raison en est qu'ils ont progressé entre temps et qu'ils en saisissent mieux les problématiques... L'as-tu vérifié?

Je n’ai jamais vraiment fait un historique détaillé des corrections… Sauf à quelques exceptions, je n’ai pas gardé ces documents… Par contre je me suis plusieurs fois entêté sur des choix pour lesquels le « correcteur » n’était pas toujours d’accord, pour m’apercevoir finalement, après quelques temps et un peu de recul que ses propositions étaient plus adaptées… Donc effectivement il y a des remarques qui peuvent ne pas être assimilables sur le moment et dont l’intérêt apparaît avec le temps.

As-tu rencontré physiquement tes interlocuteurs?

Non, mais ça pourra toujours se faire…

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Qu'est ce que tu as retiré de cette expérience d'apprentissage, les différentes phases... le soutien au projet?

Je pense qu’il y a différentes phases d’apprentissage (en plus j’ai changé 2 fois de projet et 1 fois de classe) et aussi différentes phases dans la réception de l’apprentissage… Au fur et à mesure on reçoit mieux la critique car on sait plus ou moins l’analyser…
Quant au soutien au projet, il est allé au-delà de mes espérances, puisque même après la fin des corrigés et mon départ de l’atelier, il y a eu un suivi du projet, avec des suggestions d’éditeurs, des courriers de recommandation…et toujours des réponses en cas de doutes…

Quels ont été les moments les plus surprenants ou les plus intenses?

? Un moment assez réjouissant est justement le moment où j’avais proposé le projet de bande dessinée sans trop y croire alors qu’il a éveillé un certain enthousiasme chez les membres de l’atelier… C’est la première chose qui m’a poussé à travailler sur ce projet pour le rendre éditable…

A l'inverse, quelles ont été tes difficultés? Y a-t-il eu des découragements?

Il y a eu une certaine période de stagnation sur le découpage des premières planches, avec beaucoup de retours entre moi et les correcteurs… J’avais du mal à intégrer les principes de rythmes, d’angles de vue… Alors j’ai beaucoup tâtonné, ce qui n’a pas arrangé les choses vu que l’énergie nécessaire à ce travail faiblissait au fur et à mesure…
C’est d’ailleurs là que j’ai laissé le projet de bande dessinée en suspens pour intégrer la clase prépa afin de préparer le concours pour les arts déco de Strasbourg. Ceci afin d’acquérir plus de légitimité d’un point de vue artistique et pour intégrer un autre milieu alors que je suivais des études scientifiques…
Enfin, tout ça était assez flou, de même que les raisons pour lesquelles je n’ai pas présenté le concours, finalement… sûrement ai-je eu tort mais en tout les cas après ça j’ai entrepris de finaliser le projet et ça s’acheminait doucement vers le dossier de présentation aux éditeurs…

As-tu rencontré ton éditeur ou as-tu tout fait par courrier?

Par courrier postal et internet et par téléphone…

Un mot sur les évaluations semestrielles?

C’est toujours intéressant d’avoir des points de repères au cours de l’enseignement… ça permet de voir où on en est, de se réorienter quand on patine un peu… Après pour ce qui est de l’entretien téléphonique proprement dit, je me suis rendu compte un peu tard que je fais un effet désastreux sur mes interlocuteurs au téléphone… je n’arrivais pas vraiment à formuler une pensée claire, je crois que je donnais l’impression de ne pas être assez concerné etc… Mais bon, d’un côté je ressasse ça mais c’est quand même sympa d’entendre ceux qu’habituellement on lit.

Dans quel état d'âme travailles-tu actuellement? Comment travailles-tu avec Vincent Henry ton éditeur?

Pour l’instant l’état d’âme est assez serein, même si c’est un peu un travail en ermite et que je n’ai pas d’indépendance financière… Mais le projet (l’album devrais-je dire ?) avance bien et j’ai beaucoup de retours de la part de Vincent Henry, ce qui dénote un net intérêt pour ce travail, ce qui est toujours encourageant.
Le travail avec Vincent Henry est assez libre : j’avais établi au préalable le descriptif des séquences de l’album mais pas de découpage global du bouquin… Et j’avance en faisant des bouts de découpage en rough… Je scanne ensuite les roughs pour les montrer à Vincent Henry qui me donne son avis sur ceux-ci… J’intègre ainsi ses suggestions dans les pages finalisées-encrées… Pages finalisées que je lui montre aussi au cas où il aurait encore quelques remarques (il ne s’agit pas de « corriger » les pages en fonction des remarques mais de voir comment les pages sont reçues et donc de les faire évoluer si ce qu’elles sont censées raconter n’est pas bien compris)… C’est un peu artisanal comme procédé mais j’aurais eu du mal à préparer tout un découpage à l’avance (d’autant plus qu’entre le dossier de présentation et le contrat, l’album a « changé » de format et de pagination)…
Je pense que cette façon d’évoluer permet de garder une certaine énergie tout en gardant des exigences de lisibilité…

Quelque chose à ajouter?

Encore un grand merci à toi et à l’atelierBD, notamment aux auteurs qui se sont le plus penchés sur mon cas, soit Erwann Surcouf, Fred Pontarolo… Et puis peut-être à bientôt quand le livre sera publié…

Interview recueillie par
Joseph Béhé
le 15/01/2005
Mise à jour le Vendredi, 06 Mai 2005 14:08