| Pierre Duba, auteur BD |
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Page 1 sur 2 Voici un auteur rare, explorant à chaque album un univers graphique et scénaristique particulier.
Depuis ses études aux Arts Décoratifs de Strasbourg 1981-1986, Il est illustrateur et auteur de Bandes Dessinées. Repères bibliographiques
Quelqu'un va venir (d'après l'oeuvre de Jon Fosse), 6 Pieds Sous Terre, 2002 | Kyoto-Béziers (avec Daniel Jeanneteau), 6 Pieds Sous Terre, 2001 | Antoinette (d'après une nouvelle de Lionel Tran) 6 Pieds Sous Terre, 1999 | L'absente 6 Pieds Sous Terre, 1998 | Marine Drive (avec Dominique Bluemenstihl) 6 Pieds Sous Terre, 1995 | Lucie, je t'aime Futuropolis, 1986 Pour vous permettre d'aprécier pleinement son travail, nous lui avons demandé de nous présenter sa démarche artistique. Avant propos
Lors du dernier festival de Sierre, un lecteur a noté mon travail comme original et particulier. Cela fait une quinzaine d'années que je travaille et explore la bande dessinée. Ma pratique dans cette expression a été longtemps nourrie par la bande dessinée traditionnelle (ligne claire), ce qui m'a permis d’intensément m’exercer au dessin, d’en connaître parfaitement les rouages, de la maîtriser comme un langage. J'ai pu expérimenter les techniques de narration en dessinant, entre autres pour Floc'h chez Dargaud. Si ces années d’apprentissage (une dizaine) m'ont amené à percevoir les limites de ces formes de représentation, elles m'ont été précieuses, me laissant le temps par ailleurs, de développer ce qui constitue aujourd'hui mon travail d'auteur. Les genres traditionnels
de la BD (action, aventure, divertissement…), qui constituent la plus
grande part de la bande dessinée produite, avec leurs dessins
efficaces, essentiellement voués à la représentation et à la narration,
aux langages codifiés à l’extrême ("Toc! Toc!" pour une porte, "sniff,
sniff" pour une odeur etc.…), m'ont vite parus trop étroits. Ces modes
d'expression étaient pour moi trop pauvres et négligeaient les
dimensions sensitives, intuitives ou sensuelles de l’œuvre, en regard
des autres formes d'expression artistique telles que la littérature, le
cinéma, la musique, la vidéo, le théâtre, les arts plastiques… Il m'a
fallu plusieurs années pour comprendre que les conventions et les
formes narratives habituellement développées en bande dessinée ne me
convenaient pas, et ne me permettaient pas de faire naître au mieux mes
histoires, contraignaient la façon dont je voulais les raconter. Cet
héritage culturel pèse énormément. Il a entraîné des habitudes chez le
lecteur spécialisé en BD ainsi que chez les éditeurs. Il freine
l'invention et la créativité des auteurs. Heureusement ces formes de
bande dessinée sont bousculées par de nouvelles maisons d'édition
(Futuropolis, il y a quelques années, puis L'Association, Amok, Fréon,
Cornélius, Six Pieds Sous Terre…)
Ces expériences
et ces années de pratique n'ont en rien simplifié ma tâche. La bande
dessinée est une expression artistique difficile, complexe et
exigeante. Elle est difficile parce qu’elle exige de son auteur à la
fois des qualités graphiques et plastiques, des qualités narratives et
la tenue d'un propos personnel et cohérent. Elle est pour moi une
aventure solitaire et de longue haleine. Elle est complexe parce qu’elle superpose et mélange dans une même réalisation plusieurs niveaux de langage. On peut trouver dans une même image un dessin de représentation, un dessin de narration, un dessin d'expression, (par exemple un dessin bien réalisé n'est pas forcément juste alors qu'un dessin maladroit peut-être juste), un style plastique, etc. |
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