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Conseil du jour par Béhé

Eric Hérenguel, dessinateur Suggérer par mail
Éric Hérenguel est né le 20 octobre 1966 à Douai. Il commence sa carrière dans la BD en 1986 sur des histoires courtes de J-P Croquet dans le journal Tintin. Quand celui-ci cesse de paraître, il passe deux ans dans une agence de publicité, faute de projet BD.
Depuis tout petit, il veut faire de la BD et dessine sans arrêt, il est autodidacte. Il a puisé dans le cinéma (principalement d'anticipation) sa technique de narration visuelle.
Sa première série est Carnivores, sur un scénario de Jean Wacquet
Il succède ensuite à Vicomte pour dessiner quatre tomes de Ballade au bout du Monde de Makyo.
Voulant plus s’impliquer dans le scénario, il propose à Dieter d’adapter sa dernière lecture : Les Mémoires d’Edward John Trelawnay. Ils décident de garder l’histoire de Trelawnay, tout en la transposant dans un univers de science-fiction, comme aurait pu le décrire Jules Verne, et en intégrant des éléments d’héroic-fantasy comme le personnage de Diego de Montoya, tiré de Willow..

Puis il se lance seul dans Krän, une série d'héroïque fantaisie dans la quelle l'humour, l'ironie et surtout la dérision du genre le dispute à l'aisance et à la spontanéïté du trait.
Plus récemment, Eric oeuvre aussi dans le magazine Lanfeust avec Kiliwatch...
Il nous fait partager une visite guidée à travers une expo dont il a choisi les images et rédigé ses commentaires...!
Laissons lui la parole :

L'atelier

Voici l'atelier, les barreaux aux fenêtres ne sont pas là pour repousser les hordes de fans mais pour nous empêcher de voir fuir la table à dessin 'ce qui m'as permis de réaliser cinq krän en trois ans et demi. Eh ouais !
Au mur s'accumulent les réalisations pour des ex-libris que je produis de moins en moins car cela me gave et devient un objet aussi excitant qu'une feuille de papier toilette usagée...
A gauche un vieux poster de  Nexus  dont je suis grand fan , le travail de Steve Rude est un véritable modèle de narration.
Je suis arrivé en 1998 dans les locaux d'Oeil pour Oeil.A l'époque je terminais les couleurs de  Trelawnay 2  pour Delcourt.
La collaboration fût fructueuse et nous avons développé une pré production de jeux vidéo pendant l'année 1999 à septembre 2001.
La signature de la prod avec Take Two interactive marqua un moment intense de mon expérience extra bd : en effet, amener un producteur à signer une équipe de français sur un budget de deux millions, d'Euro n'était pas une mince affaire...
Au regard de cela, une négociation pour un contrat bd devient de la rigolade.

Le matos

Très important aux yeux du débutant, personnellement je m'y attache de moins en moins. J'veux dire par là que c'est pas une fin en soit : le pinceau en « ultra poils de loutre des Antilles » n'est qu'un pinceau et n'aura pas de talent sans la main du dessinateur.
Idéalement il faut trouver un matos qui convienne aux besoins instinctifs, l'auteur ressent bien le traitement d'une image, et avec l'habitude, il sait, sans essayer, que tel pinceau foutera de la végétation en touches noire ou encore que cette plume « Brause » (allez je file des marques !) taillera une pierre anguleuse mieux qu'un feutre ne le fera jamais ; mais pourtant le feutre « uni pin fine line 0.2 » aura un rendu nerveux bien aussi fort et très exploitable pour qui ne cherche pas à faire commerce d'originaux (parce que l'encre du feutre faiblit avec le temps sur un mur ; moralité : un feutre le dos au mur s'enfuit !)
Vous l'aurez compris, cela n'est que question de goût, comme en cuisine : chacun son petit truc.
Alors voilà la photo de ma table avec du matos partout .
Feutres pinceaux Pentel ou encore uni pin 0.1 et 0.2 pour Krän.
Crayons de couleurs pour les finitions sur une couleur directe.
Brosse à dents pour faire "protch" sur un effet de cra-cra !
Le cochon rose à droite c'est ma coloriste Véro sur Krän qui me l'as offert : quand tu appuie dessus, une lumière rouge l'éclaire et un gel immonde lui sort par son trou de balle ! C'est frais et cela fait rire mes collègues.
Je précise que ces des potes et non des « nègres ».
Vincent Lamassonne qui est "designer" sur le jeux vidéo je l'ai formé durant l'année 99 et depuis il s'en sort bien sans moi, donc "mission accomplie".
Damien Vandenstraeten designer aussi et qui a signé une bd chez Soleil « réglement de contes »
Bref que du talent mais vous les connaissez déjà car ils ont designé et réalisé la fabrication du tirage de tête du « Blacksad » de Folle images.
Voilà.
Le boxon sur la table est réalisé sans trucage, c'est que du véritable !

L'ordi

L'ordinateur , c'est le deuxième outil après le crayon.
J'ai réalisé des mises en couleurs que je n'osais espérer faire un jours à la main ! L'ordi c'est la possibilité de tenter des effets de mise en lumière que la technique manuelle ne m'as jamais offerte.
Il faut replacer le fait que n'ayant aucune formation artistique (qui a dit : ça s'voit !)
j'ai appris l'ordi comme toute une génération, avec des bouquins et le « feeling ».
En cela je peinds avec un ordi et j'évite le travail de sélections et remplissage qui rend trop plat mes dessins.
J'admire beaucoup le travail réalisé par les « Twin » mais j'ai besoin d'effets plus crades.
Ainsi dans l'exemple de Kiliwatch je vous ai démonté plan par plan la technique que je pratique en partant de papier colorisé à la main et scanné , ainsi je bénéficie d'un fond de matière très naturel que je travaille telle une peinture.

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